PARTIE 4 – Une fillette appelle le 911 en pleurs. À l’arrivée des policiers, un terrible secret éclate.

PARTIE 4 : LE PIÈGE MORTEL ET LA VÉRITÉ CACHÉE DANS LE CARNET

Daniel Harris fixa l’écran de son téléphone, incapable de comprendre ce qu’il voyait.
La photographie de sa femme Laura venait d’arriver.
Pourtant, l’heure indiquée dans les informations de l’image était exactement deux minutes plus tard que l’heure actuelle.
Quelqu’un avait préparé ce message à l’avance.
Quelqu’un savait précisément comment Daniel allait réagir.

 

Et ce quelqu’un connaissait chaque détail de sa vie.
« Centrale, ici Harris ! » lança-t-il dans sa radio. « Envoyez immédiatement une patrouille à mon domicile. Ma femme est peut-être en danger. »
La réponse arriva presque aussitôt.
« Reçu, unité 24. Deux équipes se dirigent vers votre adresse. »
Mais Daniel n’écoutait déjà plus.
Il feuilletait frénétiquement le carnet retrouvé dans le sous-sol de Thomas Miller.

 

Des dizaines d’adresses.
Des dates.
Des initiales.
Et sur certaines pages, un symbole étrange : un petit serpent dessiné à l’encre noire.
Il s’arrêta net.
Le serpent.
Le même mot qu’Emily avait utilisé lors de son appel au 911.
Daniel sentit un frisson lui parcourir le dos.

 

Ce n’était peut-être pas seulement une expression inventée par une enfant terrifiée.
Ce dessin pouvait être la signature de ceux qui avaient organisé ces disparitions.
« Mary ! » cria-t-il. « Regarde ça ! »
Mary Davis s’approcha, tandis que les ambulanciers conduisaient Rebecca et ses deux filles vers l’hôpital.
Daniel lui montra plusieurs pages.

 

« Toutes ces adresses correspondent à des maisons où des familles ont disparu ou changé brusquement de propriétaire. »
Mary examina le carnet.
« Et ces symboles ? »
« Je ne sais pas encore. Mais ils reviennent systématiquement à côté des noms d’enfants. »
Mary tourna une page.
Puis une autre.
Soudain, elle s’immobilisa.
« Daniel… »
Sa voix venait de changer.
« Quoi ? »
Elle désigna une photographie glissée entre deux feuilles.
On y voyait une femme souriante tenant un bébé dans ses bras.
Daniel reconnut immédiatement cette femme.
C’était Laura.
Sa propre épouse.
La photographie avait été prise presque dix ans auparavant, à une époque où leur fils Nathan n’était encore qu’un nourrisson.
Mais Daniel n’avait jamais vu cette image.
Au dos, quelqu’un avait écrit :
« FAMILLE HARRIS : SURVEILLANCE TERMINÉE. PHASE DEUX AUTORISÉE. »
Daniel sentit le sol se dérober sous ses pieds.
« Depuis combien de temps nous surveillent-ils ? » murmura-t-il.
Mary ne répondit pas.
Car au même instant, sa radio grésilla.
« Unité 24, nous avons une information concernant votre domicile. »
Daniel porta immédiatement son émetteur à sa bouche.
« Parlez ! »
« Les agents sont arrivés. La porte d’entrée est ouverte. Aucun signe d’effraction. »
« Et ma femme ? »
Un silence.
Puis la voix de l’opérateur reprit.
« Nous ne l’avons pas trouvée. »
Daniel ferma les yeux.
« Mon fils ? »
Le silence dura encore plus longtemps.
« Daniel… nous n’avons trouvé personne dans la maison. »
Pendant quelques secondes, il fut incapable de respirer.
Puis une deuxième voix retentit dans la radio.
« Attendez ! Nous venons de découvrir quelque chose dans la chambre de l’enfant. »
Daniel se redressa brutalement.
« Quoi ? »
« Une enveloppe posée sur le lit. Elle porte votre nom. »
« Ouvrez-la ! »
Le bruit du papier déchiré traversa les haut-parleurs.
Puis l’agent lut à voix haute :
« Il y a dix ans, tu as fermé les yeux. Ce soir, tu vas enfin les ouvrir. »
Daniel resta pétrifié.
Dix ans.
Il repensa soudain à une affaire oubliée.
À l’époque, il n’était qu’un jeune policier.
Il avait participé à une intervention dans un entrepôt abandonné, après un signalement concernant plusieurs enfants disparus.
Son supérieur avait ordonné l’arrêt des recherches, affirmant que le bâtiment était vide.
Ce supérieur s’appelait Robert Collins.
Daniel avait obéi.
Et trois jours plus tard, l’entrepôt avait mystérieusement brûlé.
Aucune victime n’avait officiellement été retrouvée.
Mais Daniel se souvenait encore d’un détail.
La nuit de l’intervention, il avait entendu des pleurs derrière une porte métallique.
Robert lui avait assuré qu’il s’agissait d’un animal.
Daniel avait voulu vérifier.
Mais Collins l’avait interrompu.
« Tu veux garder ton travail, Harris ? Alors monte dans la voiture. »
Dix ans plus tard, cette phrase lui revint avec une violence insupportable.
« Mon Dieu… » murmura Daniel.
Mary le regarda.
« Qu’est-ce qu’il y a ? »
« Je crois que tout a commencé bien avant Emily. »
Il lui raconta brièvement l’histoire de l’entrepôt.
Mary pâlit.
« Daniel, si Collins était impliqué depuis le début, il savait exactement comment détourner les enquêtes. »
« Et il connaissait tous ceux qui auraient pu découvrir la vérité. »
Daniel regarda la photographie de Laura.
Puis il remarqua quelque chose qu’il n’avait pas vu auparavant.
Dans le reflet d’une fenêtre, derrière elle, apparaissait une silhouette masculine.
Un homme portant une veste sombre.
Sur sa manche, un petit symbole était brodé.
Un serpent noir.
Daniel approcha l’image de ses yeux.
Le même symbole que dans le carnet.
Soudain, son téléphone sonna.
Laura.
Il décrocha immédiatement.
« Laura ! Où es-tu ? Nathan est avec toi ? »
Au bout du fil, il entendit une respiration tremblante.
Puis la voix de son épouse.
« Daniel… écoute-moi attentivement. »
« Dis-moi où tu es ! »
« Je suis vivante. Nathan aussi. Mais tu dois arrêter de chercher Collins. »
Daniel sentit son cœur se serrer.
« Il est avec toi ? »
Laura ne répondit pas immédiatement.
Puis elle murmura :
« Tu ne comprends pas. Collins n’est pas celui qui commande. »
Daniel se figea.
« Qu’est-ce que tu racontes ? »
« Il y a quelqu’un d’autre. Quelqu’un que tu connais depuis des années. »
Un bruit sourd retentit derrière elle.
Laura étouffa un cri.
« Daniel… ne fais confiance à personne. Surtout pas à… »
La communication fut brutalement interrompue.
Daniel tenta de rappeler.
Impossible.
Puis un message arriva.
Une simple adresse.
« 89 BLACKWOOD ROAD. MINUIT. VIENS SEUL. »
Mary observa son visage.
« Daniel, qu’est-ce qui se passe ? »
Il hésita.
Il voulait tout lui raconter.
Mais les dernières paroles de Laura résonnaient encore dans sa tête.
Ne fais confiance à personne.
Il referma lentement le carnet.
« Je dois partir. »
Mary lui barra le passage.
« Tu ne vas quand même pas te rendre seul à cette adresse ? »
Daniel ne répondit pas.
« C’est exactement ce qu’ils veulent ! » insista-t-elle.
« Ils ont ma femme et mon fils, Mary. »
La policière baissa légèrement la voix.
« Et ils ont peut-être aussi des hommes à l’intérieur du commissariat. Si tu pars sans renforts, personne ne pourra te protéger. »
Daniel la regarda longuement.
Puis il lui tendit le carnet.
« Alors garde ceci. Fais-en des copies. Et ne laisse personne le faire disparaître. »
Mary prit l’objet avec précaution.
« Qu’est-ce que tu comptes faire ? »
Daniel rangea son téléphone.
« Ce que j’aurais dû faire il y a dix ans. Ouvrir la porte qu’on m’a interdit d’ouvrir. »
Une heure plus tard, Daniel arrivait devant le 89 Blackwood Road.
C’était une ancienne clinique privée, abandonnée depuis plusieurs années.
Les fenêtres étaient recouvertes de planches.
La grille principale était entrouverte.
Une seule lumière brillait au deuxième étage.
Daniel gara sa voiture à distance et s’approcha discrètement.
À l’intérieur, l’odeur des produits désinfectants semblait encore imprégner les murs.
Des fauteuils roulants rouillés encombraient le couloir.
Sur les portes, d’anciennes plaques indiquaient des numéros de chambres.
Puis il entendit une voix.
« Papa ? »
Daniel se retourna brusquement.
« Nathan ? »
La voix provenait de l’étage.
Il monta les escaliers quatre à quatre.
« Nathan ! C’est papa ! »
Au bout du couloir, une porte était entrouverte.
Daniel la poussa.
À l’intérieur, une petite chaise se trouvait au centre de la pièce.
Sur cette chaise reposait le sac à dos bleu de son fils.
Et juste à côté, un téléphone diffusait un enregistrement.
« Papa ? Papa, viens me chercher… »
Daniel comprit immédiatement.
C’était un piège.
Il voulut reculer.
Mais une voix masculine retentit derrière lui.
« Toujours aussi prévisible, Harris. »
Daniel se retourna.
Robert Collins se tenait dans l’encadrement de la porte.
Il portait un manteau noir et tenait une arme baissée le long de sa jambe.
« Où sont ma femme et mon fils ? » demanda Daniel d’une voix glaciale.
Robert sourit tristement.
« Tu crois vraiment que j’ai organisé tout ça pour te tuer ? »
« Alors pourquoi ? »
Robert s’avança lentement.
« Parce que tu dois enfin apprendre ce qui s’est réellement passé il y a dix ans. »
Il sortit une enveloppe de son manteau et la lança sur la table.
À l’intérieur se trouvait une photographie.
Daniel la ramassa.
On y voyait plusieurs enfants alignés devant l’ancien entrepôt.
À côté d’eux se tenaient trois adultes.
Robert Collins.
Richard Bennett.
Et une femme.
Daniel examina son visage.
Puis ses mains commencèrent à trembler.
Il connaissait cette femme.
Il connaissait son sourire.
Il connaissait ses yeux.
C’était Laura.
Mais sur cette photographie vieille de dix ans, elle ne ressemblait pas à une victime.
Elle souriait devant les enfants.
Et dans ses mains, elle tenait un dossier portant le symbole du serpent noir.
Daniel releva lentement les yeux.
« C’est impossible… »
Robert ne souriait plus.
« Ta femme ne t’a pas tout raconté, Daniel. »
Daniel sentit sa gorge se serrer.
« Où est-elle ? »
Robert regarda derrière lui.
« Pourquoi ne pas lui poser la question directement ? »
Une porte s’ouvrit au fond de la pièce.
Des pas résonnèrent dans le couloir.
Puis une femme apparut.
Laura.
Elle était vivante.
Elle ne semblait pas blessée.
Et Nathan se tenait à côté d’elle, serrant sa main.
Daniel voulut se précipiter vers eux.
Mais Laura leva immédiatement la main.
« Ne t’approche pas, Daniel. »
Il s’arrêta net.
« Laura… qu’est-ce qui se passe ? »
Elle regarda Robert Collins.
Puis son mari.
Ses yeux étaient remplis de larmes.
« Il y a quelque chose que je dois t’avouer. Quelque chose que je t’ai caché pendant dix ans. »
Daniel sentit son cœur se briser.
« Quoi ? »
Laura inspira profondément.
Puis elle prononça une phrase qui transforma toute cette enquête en un cauchemar inimaginable.
« Daniel… Emily et Sophie ne sont pas les premières petites filles que Richard Bennett a retenues prisonnières. »
Elle baissa les yeux vers Nathan.
« Et l’enfant qui a réussi à s’échapper de cet entrepôt il y a dix ans… c’était moi qui l’avais aidée. »
Daniel resta sans voix.
Laura poursuivit, les joues baignées de larmes.
« Cette enfant a grandi sous une nouvelle identité. Et aujourd’hui, elle travaille dans la police de Springfield. »
Robert Collins tourna lentement la tête vers Daniel.
« Tu comprends maintenant pourquoi nous devions t’amener ici ? »
Daniel sentit une terrible pensée traverser son esprit.
Il murmura un seul nom.
« Mary… ? »
Laura ferma les yeux.
« Oui, Daniel. Mais ce n’est pas le pire. Mary vient de récupérer le carnet contenant les noms de toutes les victimes… et elle ne sait pas encore que l’un de ces noms est le sien. »
Au même instant, à plusieurs kilomètres de là, Mary Davis ouvrait la dernière enveloppe cachée dans la couverture du carnet.
À l’intérieur se trouvait une photographie d’une petite fille de huit ans.
Cette fillette avait les mêmes yeux qu’elle.
Le même sourire.
Et au dos, une phrase avait été écrite en lettres rouges :
« MARY DAVIS N’EST PAS TON VRAI NOM. »……..

À SUIVRE DANS LA DERNIÈRE PARTIE…

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